RADIO KREYOL

On The Go 1(712)432-7282

Home » Featured » Le Conseil supérieur des salaires installé

Le Conseil supérieur des salaires installé

Posted by admin On June - 8 - 2017 0 Comment
Installation du Conseil Supérieur des Salaires

Installation du Conseil Supérieur des Salaires

Le président de la République a procédé, ce mercredi au Palais national, à l’installation de huit membres sur neuf du Conseil supérieur des salaires (CSS). Jovenel Moïse, qui continue d’appeler au dialogue pour trouver une solution à la crise qui secoue le secteur de la sous-traitance, croit que le CSS devra trouver l’équilibre entre les ouvriers et les patrons. Alors que le CSS n’a même pas encore été installé, le secteur des ouvriers est divisé sur la composition du Conseil.

Pour le président de la République, le Conseil supérieur des salaires doit faire des recommandations dans le plus bref délai tout en prenant le temps d’écouter les acteurs et de bien analyser les secteurs d’activités économiques. À moyen terme, Jovenel Moïse a appelé le CSS à préparer une analyse profonde sur le respect du salaire minimum par tous les secteurs de la vie nationale. « Il est important pour que les conseillers constituant le CSS créent des conditions pour faire naître un climat de travail où l’harmonie et la convivialité deviennent des facteurs stimulants dans l’accomplissement de leur tâche. Je demande au ministère des Affaires sociales et du Travail de mettre à la disposition du CSS les moyens leur permettant d’accomplir le travail en toute indépendance », a discouru le chef de l’État.

Sous le regard du Premier ministre et des membres du gouvernement, des parlementaires, des représentants du secteur privés et de syndicalistes,  Jovenel Moïse a souligné que, dans une région où les pays sont en compétition pour capter et retenir sur leur territoire des investisseurs, Haïti doit tout faire pour préserver les entreprises et industries existant dans le pays et développer des stratégies pour attirer de nouveaux investissements tout en protégeant les travailleurs. « Protéger les travailleurs, c’est avant tout leur garantir un emploi pour qu’ils puissent vivre avec leurs familles. Un ouvrier a besoin d’un patron pour lui donner du travail, et le patron a besoin de l’ouvrier pour permettre à son entreprise de fonctionner et de continuer à créer de la richesse », a prêché le chef de l’État.

« Il doit y avoir un travail d’équilibre qui favorise l’émergence d’un climat social favorable à la création d’emplois, a-t-il dit. Il faut que les usines et les entreprises travaillent régulièrement dans le pays. Car c’est le travail qui crée le travail. L’opposé du travail est le chômage. Le chômage est socialement et économiquement néfaste pour les familles. »

Très prudent dans son discours pour ne pas publiquement prendre parti en faveur des patrons contre les ouvriers,  M. Moïse a déclaré : « Si le travail participe à la formation de la conscience sociale et renforce l’esprit d’appartenance, un salaire décent réconforte par contre la personne qui travaille et lui donne du pouvoir d’achat. Tout cela contribue au bon fonctionnement de la société. »

Les conditions sociales étant ce qu’elles sont aujourd’hui en Haïti, le mandat du Conseil supérieur des salaires (CSS) exige constamment l’équilibre entre les conditions pour créer plus d’emplois et l’amélioration des conditions des travailleurs. Le gouvernement prendra donc des dispositions nécessaires pour accompagner socialement les travailleurs afin qu’ils puissent être productifs et vivre mieux avec leurs familles », a promis le président.

Pour sa part, Renan Hédouville, président du Conseil supérieur des salaires, a fait savoir que l’installation des membres du CSS est un ouf de soulagement comme si la solution allait venir de cette installation. Le représentant de l’exécutif dans le CSS a reconnu que la question de l’augmentation du salaire minimum devient problématique.  « Nous avons une lourde responsabilité, les yeux sont fixés sur nous et nous devons agir vite, mais avec professionnalisme, clairvoyance, loyauté, sens de l’honnêteté et du patriotisme… », a-t-il avancé.

La solution à la crise qui handicape depuis plusieurs semaines le secteur de la sous-traitance doit, nécessairement, passer par le nouveau Conseil supérieur des salaires. Le gouvernement et le secteur patronat y croient fermement. Cependant, pour les syndicats d’ouvriers, le nouveau CSS n’inspire pas confiance et désapprouve leurs représentants au sein de cette institution.

Le syndicaliste Saint-Éloi Dominique, nommé par arrêté présidentiel comme les autres huit membres du CSS, a boudé la cérémonie d’installation. Il a fait savoir au Nouvelliste que les deux autres membres qui représentent le secteur des ouvriers n’ont pas la confiance des travailleurs dans les factorys.

Selon lui, Fritz Charles est membre d’un parti politique dont le responsable est un patron dans la sous-traitance et Pierre Joseph Plycarpe « avait déjà clairement pris position cette année contre l’augmentation du salaire minimum », a-t-il dénoncé. « Ces deux personnes ont été choisies de façon unilatérale. C’est pourquoi le secteur des ouvriers m’a demandé de ne pas siéger avec eux », a-t-il confié au journal

Le syndicaliste continue de réclamer 800 gourdes comme salaire minimum et de meilleures conditions de travail pour les ouvriers dans la sous-traitance. Il a annoncé la poursuite du mouvement de protestation dans les factorys.

Les membres du CSS nommés par arrêté présidentiel

Les représentants du ministère des Affaires sociales et du Travail : Renan Hédouville, Guerline Jean-Louis et Louis Pierre Joseph ; les représentants du secteur patronal : Gilbert Durand, Hugo Élien et Jean Max Bazin ; les représentants du secteur ouvrier : Pierre Joseph Plycarpe, Fritz Charles et Saint-Éloi Dominique qui a boudé la cérémonie d’installation.

Robenson Geffrard source le nouvelliste