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Home » Featured » Compas direct : La relève reste un rêve sans fin pour les musiciens

kreyol1Dans toute société, la relève tient une place importante pour assurer l’avancement d’un peuple et sa culture. Il est vrai que le changement ne se réalise pas du jour au lendemain, mais il faut s’armer de patience et de courage pour pénétrer l’inconnu où se perche le succès rêvé. Le changement demeure un phénomène naturel qui s’opère graduellement. On ne doit surtout pas essayer de changer le rythme de la vie. Même dans la nature, les saisons ne se bousculent pas. Chaque chose en son temps, dit le proverbe.  Cependant, le présent permet de façonner un meilleur futur.  Cela n’est possible qu’à partir d’une évaluation / d’une étude exhaustive des possibilités qui s’offrent à nous.

Un vent de changement souffle timidement

Le principe d’une bonne continuité ne se remarque jamais dans notre histoire de peuple. L’on se demande même si une telle attitude n’est pas culturelle. On a toujours tendance à détruire ce que l’autre a construit, sans pour autant faire mieux. Souvent, on dresse une barrière imaginaire étanche pour empêcher l’émergence des plus faibles. On vit aussi un tel fait dans le domaine de la musique « konpa ». Les groupes les plus populaires barrent la route aux groupes émergents qui essaient de contourner les obstacles que dressent les formations musicales connues et tout aussi bien les promoteurs.

Une nouvelle ère s’annonce puisque les promoteurs viennent de mettre sur pied une association où ils veulent rassembler tous ceux qui sont animés du désir de changement du mode opératoire de cette soi-disant industrie musicale haïtienne « HMI ». Si vraiment ils se donnent pour tache la promotion de la culture haïtienne, particulièrement de la musique de danse haïtienne, ils doivent se défaire de leur ancienne pratique vis-à-vis des groupes musicaux émergents « underground bands ».

Si ces promoteurs tiennent à leur promesse, les groupes méconnus pourront émerger et aussi jouir de la sensation qu’ont connue les orchestres « roch nan dlo ». Auteur de l’article : Robert Noël. Nous promettons d’observer de très près le mode de fonctionnement de cette association de promoteurs haïtiens. Ses membres doivent aussi se munir d’une licence légale d’entrepreneurs de spectacles pour organiser des soirées dansantes et des spectacles. C’est ce que prescrit la loi aux Etats-Unis. Tant que cela n’est fait, on tombe et reste dans le domaine du bluff, de la propagande faite sur mesure à l’haïtienne. Jwèt pou yo.

Il est temps que les musiciens pensent aussi à s’organiser légalement, et du même coup se pencher sur les possibilités d’assurer la relève pour tirer le « konpa dirèk » de sa léthargie. Pagen maladi, poko gen lanmò, men ka a grav. Pagen wout pa bwa. On ne peut pas trop espérer des musiciens des groupes populaires qui n’assurent que leurs contrats de bals hebdomadaires. Certains d’entre eux osent quand même parler de relève. Aloral! Cela parait impossible puisqu’ils ne prennent pas le temps de former des jeunes musicalement. Certains musiciens font toujours croire qu’ils avaient fréquenté une académie de musique, mais leur langage musical les trahit quand ils ne s’y attendent pas.  http://radiotelevisioncaraibes.com

La voix de la conscience résonne fort

Aucun de ces musiciens qui s’attribuent tous les titres ronflants « superstars, génies, légendes, etc » ne peut nous présenter un élève qui, actuellement, évolue sur la scène musicale. On vit encore le même phénomène d’hier: chak koukouy klere pou je l.  Ainsi, la relève ne peut pas être assurée, voire garantie. Elle restera un rêve infini tant que les musiciens n’assurent leurs responsabilités face à la jeunesse. Il faut bien qu’ils confrontent la réalité. Autrement, demain sera pire.

Le temps est maintenant à la réflexion pour un mieux être du compas direct que ces musiciens ont hérité de Nemours Jean-Baptiste. Auteur de l’article : Robert Noël. Trompettistes, saxophonistes, guitaristes, batteurs, claviéristes /  keyboardistes, tambourineurs, tom bassistes (gongistes), bassistes haïtiens, mettez-vous au travail pour assurer et garantir la relève, en établissant un programme d’éducation musicale pour jeunes. C’est une démarche qui ne sera pas facile, mais quand on pense à Haïti et qu’on le fait de tout cœur, l’énergie viendra d’en haut.

Le plus grand danger dans cette passation de connaissance musicale aux jeunes sera, peut-être, dû au fait que 98% de ces musiciens ne sont que des autodidactes. Ils peuvent ne pas avoir la pédagogie musicale et la patience nécessaires pour enseigner l’art aux jeunes. Pour rendre possible de telles démarches, il faut que les musiciens frappent à la bonne porte.  Nous voulons rappeler aux musiciens de la diaspora que des fonds sont disponibles pour l’éducation musicale des jeunes. Il est temps qu’on cesse de regarder passer la vie pensant que la manne tombera du ciel. Le proverbe ne nous dit-il pas : « aide-toi, le ciel t’aidera ».

Le ministère haïtien de la Culture a grand besoin d’une politique culturelle solide pour encadrer les musiciens ayant le désir manifeste de contribuer à l’éducation musicale des jeunes. La Direction générale des impôts (DGI) prélève des taxes à chaque soirée dansante qu’animent les groupes musicaux haïtiens et ne leur offre rien en retour à la fin de l’année fiscale pour leur permettre de faire leur déclaration d’impôts. Les musiciens et les promoteurs en souffrent grandement. Cet argent pourrait au moins servir à l’amélioration des conditions de fonctionnement des musiciens et à l’établissement / la création d’écoles de musique à travers le pays. Les contribuables seraient au moins satisfaits s’ils étaient mis au courant de l’usage des taxes perçues.

 

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